L’enseignement provincial, un levier pour sortir de la crise


 La crise bancaire et financière fait rage. Le climat est à l’inquiétude. La réaction la plus efficace sera internationale et européenne. Mais elle doit commencer chez nous, au niveau de pouvoir le plus local, dans nos communes et aussi dans nos provinces.

Nous, les Verts, avons la conviction que la Province de Liège peut amener une partie de la réponse pour améliorer la vie au quotidien des citoyennes et citoyens à travers divers leviers dont elle a la responsabilité : l’enseignement, le développement des zonings économiques, la prévention en matière de santé, la culture, le tourisme,… sont autant de secteurs à travers lesquels la transition peut s’effectuer.

En matière d’enseignement et de formation, il est nécessaire de mettre le paquet sur l’apprentissage de métiers qui aideront à accélérer la transition écologique de la société. Former les jeunes et les moins jeunes aux métiers verts, c’est s’assurer d’être à la pointe d’un secteur en pleine expansion qui permettra le redressement de notre économie et le passage vers une prospérité économique durable.

La Commission européenne a fixé l’objectif de 3 millions d’emplois « verts » à créer à l’horizon 2020. L’Union travaille désormais sur des projets de textes sur les économies d’énergie et l’efficacité énergétique des bâtiments. Ces textes vont nous obliger à répondre à une demande croissante.

Les représentants des secteurs verts disent que si les métiers verts forment un gisement de nouveaux emplois, il existe un énorme besoin de formation professionnelle.

Fin 2011, le gouvernement wallon a adopté, sous l’impulsion de Jean-Marc Nollet, la première Alliance Emploi-Environnement autour du thème de l’isolation et de la performance énergétique. Elle se décline en trois axes : stimuler la demande, renforcer l’offre et développer les compétences au niveau de la formation. Ce dernier axe nous intéresse particulièrement puisqu’il vise la formation. 57 millions d’euros sont prévus pour mettre en place un plan intégré de formations vertes afin de répondre aux demandes et de créer des opportunités d’emplois. L’enseignement provincial peut s’intégrer dans cette dynamique régionale si la volonté politique est là. Elle appliquerait ainsi au niveau local des politiques régionales innovantes.

L’enseignement secondaire provincial liégeois est principalement technique et professionnel, il a donc un rôle essentiel à jouer dans le développement des métiers verts. Les filières techniques et professionnelles doivent être revalorisées.

Au delà d’un investissement plus important dans la logique des bassins scolaires, les perspectives d’emplois dans les secteurs de l’économie verte peuvent contribuer largement à revaloriser l’enseignement qualifiant provincial. Il faut saisir l’opportunité !

Un métier vert peut être un nouveau métier lié à l’environnement ou dont l’activité change les modes de production et de consommation en les rendant moins polluants et moins énergivores. Mais ça peut aussi être un métier déjà existant qui a été modifié pour prendre en compte ces aspects moins énergivores et moins polluants, par exemple des métiers du bâtiment qui, anciennement, avaient un impact important sur l’environnement et qui désormais utilisent des méthodes et des pratiques moins polluantes et moins énergivores. Des secteurs comme les transports en commun, la production d’énergie renouvelable, le traitement des déchets, le recyclage ou la dépollution des sols vont se développer dans les prochaines années.

Il y a donc deux axes sur lesquels nous devons travailler au niveau de la formation dans l’enseignement technique et professionnel provincial ainsi que dans l’enseignement supérieur et la promotion sociale : les formations existantes doivent devenir plus vertes et de nouvelles filières doivent être créées pour répondre à un besoin de la société qui devient de plus en plus important.

Il nous faut des ingénieurs réalisant des études d’impact sur l’environnement, des spécialistes des énergies renouvelables, des conseillers en aménagement durable, des professionnels de l’eau et du retraitement des déchets. Il nous faut des métiers liés à la « circulation douce », à l’écoconstruction ou à la rénovation et l’isolation de bâtiments. Il nous faut des professionnels de l’horeca formés à l’alimentation durable et locale et des producteurs de produits locaux. Etc.

L’enseignement provincial secondaire technique et professionnel est réparti en 24 domaines d’activité : cela va de la construction à la mécanique en passant par les soins de beauté, le tourisme ou le travail du métal. Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire d’amener dans chacun de ces domaines, les modifications adéquates pour rendre vert l’ensemble de l’offre de formation. C’est désormais une condition pour se préparer aux défis de l’avenir.

La Province de Liège a de nombreux atouts. Repartir pour six ans d’immobilisme en ce qui concerne la revalorisation de l’enseignement technique et professionnel et le développement de formation aux métiers verts serait rater un rendez-vous crucial pour notre avenir, pour l’avenir de nos enfants, pour l’avenir de tous. Les clefs du changement sont entre nos mains. Ouvrons les portes. À la Province également !

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